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Entretien avec Benoit Delépine et Gustave Kervern

Comment avez-vous découvert le village Emmaüs de Lescar-Pau qui donne son décor, mais aussi son âme à I Feel Good ?

BD : C’est d’abord Jules-Edouard Moustik le DJ lors du Festival qui nous en a parlé, puis plus tard José Bové. Nous y sommes allés une première fois il y a cinq ans environ. Germain le créateur du lieu qui le dirige aujourd’hui nous a tout de suite très bien reçus. C'était capital : nous ne voulions surtout pas arriver comme un cheveu sur la soupe. Nous voulions apprendre à connaître les compagnons, mais aussi leur faire connaître notre propre expérience, partager notre projet avec eux…

GK : Le film est né du lieu. Et il est né de la manière dont le lieu nous a accueillis. Etre accepté par les compagnons n'est pas donné à tout le monde. Débarquer là-bas, c'est un peu comme franchir la porte d'un saloon dans un western…

BD : Germain s'est comporté avec nous exactement comme il se comporte avec les compagnons. Quand on discute avec lui, il interrompt parfois la conversation parce qu'il reçoit l'appel de quelqu'un qui, par exemple, sort de prison… Sans lui poser aucune question, Germain lui dit de venir : « On t'attend ». Il a fait pareil avec nous. Il ne nous a jamais demandé de lire le scénario. Il nous a fait confiance.

Qu'avez-vous trouvé de si particulier dans ce village, qui vous donne l'envie d'y tourner un film ?

BD : Depuis que Gus et moi faisons des films, nous sommes, même sans le savoir, à la recherche de gens comme ceux qui vivent à Lescar-Pau… L'expérience qui se construit là-bas m'en a rappelé d'autres, par exemple celle d'un village danois, Christiania, où d'anciens babas ont retapé des maisons et développé une vie créative extraordinaire. Lescar-Pau est ce qui, en France, s'en approche le plus. Nous avons été estomaqués de découvrir une architecture colorée partant dans tous les sens… C'est interdit en France, mais le maire de Lescar le tolère, parce que c'est Emmaüs et que cela n'a jamais posé le moindre problème.

GK : Emmaüs nous suit depuis longtemps, c'est vrai… Il y a quelques années nous avions vu une autre communauté, en région parisienne. Et puis il y a quelque chose de commun entre Emmaüs et Groland : un esprit de compagnonnage et de solidarité, allié à un goût pour la marge.

BD : Germain a donné à ce village une signification politique unique qui, tout en allant dans le sens voulu par l'Abbé Pierre, laisse presque totalement de côté la religion. Germain a des combats assumés, qui vont de ceux traditionnellement menés par Emmaüs à des prises de position plus radicales, comme l'ouverture – elle a eu lieu pendant que nous y étions – d'une Maison de la Palestine.

GK : Autant que possible, Lescar-Pau essaie de vivre en autarcie. Nous n'avons pas découvert tout ce qui s'y passe, notamment parce que pour Germain le lieu doit toujours rester en mouvement, « en marche » si on peut dire ! Sans arrêt il se fixe de nouveaux objectifs et en fixe de nouveaux aux compagnons.

BD : Certains compagnons restent longtemps, mais le village demeure un endroit de passage. Et comme Germain ne veut surtout pas que les gens « s'encroûtent », les compagnons passent de poste en poste. Ils en ressortent donc enrichis de nouveaux savoir-faire. C'est un lieu vivant, utopique, mais en action. Ce qui est rarissime.

Précisément, comment avez-vous fait pour être acceptés dans un tel lieu ?

BD : Nous sommes venus plusieurs fois en amont. D'abord Gus et moi. Puis Jean Dujardin et son frère Marc, son associé, qui est coproducteur du film avec nous. Nous avons installé au sein du village nos petits départements costumes et décors. Avant même le début du tournage il y a donc eu un certain nombre d'interactions et d'imbrications entre nos deux mondes. Les compagnons ont vu que nous n'incarnions pas le Cinéma, avec son glamour et son strass, et ils ont vu que la plupart de nos métiers étaient des métiers manuels.

GK : C'était délicat. Nous étions sur la corde raide… I Feel Good est une comédie, mais nous ne voulions surtout pas donner l'impression que le film se moque des compagnons ou de l'Abbé Pierre. Il fallait faire très attention. Certains compagnons ont d'ailleurs refusé d'apparaître.

À ce propos, comment avez-vous composé le petit groupe que Jacques, le personnage joué par Jean Dujardin, emmène en Bulgarie ? Est-il composé de compagnons ?

BD : Nous aurions pu et c'était tentant, parce que les gens que nous avons rencontrés étaient tous passionnants, cultivés, avec derrière eux des histoires formidables, riches, bien souvent incroyables… Mais Gus et moi ne voulions pas créer de dissensions. L'équilibre existe au sein du village mais il est instable. Il ne fallait surtout pas le déranger.

Nous avons donc préféré faire appel à des amis. Au sein du groupuscule on trouve donc Jo Dahan, chanteur de rock, ancien de la Mano Negra, qui apparaît souvent dans nos films ; Jana, une actrice de Bratislava découverte dans un sketch de Groland, et que nous avions trouvée géniale ; Elsa, une artiste de rue ; Jean-Benoît, acteur belge que j'avais découvert à Clermont-Ferrand dans Le Film de l'été d'Emmanuel Marre ; un grand acteur comme Lou Castel, rencontré au jury du festival du film grolandais…

GK : … et Jean-François, copain d'enfance de Benoît, boucher, traiteur, qui a fait la cuisine sur la plupart de nos films, et qui a une gueule et une façon de parler tellement extraordinaires – un peu à la André Pousse – qu'on s'était promis de lui donner un jour un rôle ; et Marius, le Chinois, que je connais depuis 30 ans, qui vit de rien, du RSA, à Marseille, et qui apparaissait déjà, en garde-chasse, dans Near Death Experience. Ces sept compagnons ont composé un groupe uni, comme une sorte de groupe au sein du groupe. C'était très beau. Et au milieu de tout cela, Jean Dujardin s'est vite mis au diapason.

La présence de Jean Dujardin est l'autre nouveauté d'I Feel Good. Comment est venue l'idée de faire appel à lui ?

GK : La rencontre a eu lieu à Cannes en 2012, lors d'une fête mémorable après à la présentation du Grand Soir. Jean était déchaîné, au point de se casser le doigt en sautant dans la foule. Dès ce moment-là nous avons eu l'envie de travailler avec lui.

BD : C'était même plus qu'une envie puisqu'après le concert, dans les coulisses, nous nous sommes tapés dans la main en nous promettant un jour de travailler ensemble. Puis du temps a passé, nous avons tourné deux films, Near Death Experience puis Saint-Amour …

GK : … et nous sommes retournés voir Jean. Il aurait pu être passé à autre chose. Mais il a répondu présent.

BD : Il y avait l'envie, intacte, de travailler avec lui. Et celle de le mettre en duo avec Yolande

Moreau. De là sont venus le frère et sa grande soeur. Jean a été parfait avec les compagnons. Yolande, je n'en parle même pas : tout le monde l'adorait avant même qu'elle n’arrive.

GK : Nous avons appris que Jean était originaire du coin. Il se sentait donc chez lui.

Jean Dujardin a une allure différente, moins flamboyante, que dans les rôles qui l'ont rendu célèbre.

BD : Nous lui avons demandé de s'amocher. Il a pris quatre ou cinq kilos. Même s'il le reste un peu, il était impossible qu'un bellâtre déboule chez Emmaüs. Jacques est un loser, quand même.

Jean possède une incroyable finesse de jeu. À chaque fois il trouve une nouvelle intonation, un petit mouvement de tête. Il dominait parfaitement son texte, et c'est justement quand on a bien travaillé un texte qu'on peut y introduire des petites nuances…

GK : La longueur des textes représentait un défi d'autant plus grand que nous tournons en plan-séquence et sans faire de champ contrechamp. Mais Jean a été rôdé par des milliers de sketches. C'est à la fois un bon mec et un bosseur qui a le plaisir de jouer et de proposer des choses… Il est très généreux dans son approche du jeu.

BD : Et il n'est jamais à côté de la plaque, ce qu'il apporte fait toujours progresser.

Qui interprète Poutrain, l'homme qui donne à Jacques la petite idée grâce à laquelle il espère devenir riche ?

BD : C'est Xavier Mathieu, l'ancien délégué syndical de Continental. Encore un de ces contre-emplois que nous affectionnons : le plus virulent des syndicalistes interprète une espèce de wineur macronien…

GK : On connaît Xavier depuis Continental. Il avait déjà une scène, coupée au montage dans Saint-Amour.

BD : Il s'en sort très bien, le texte n'étant pas simple. Et face à Jean Dujardin, il faut assurer. Même si, exceptionnellement, nous avons fait un champ contrechamp, afin de pouvoir montrer la réaction de Jean qui peste : « Putain, Poutrain… ». Mais si vous regardez bien, vous verrez qu'on a retourné la vitre de telle manière que dans le champ et dans le contrechamp on ne voit, à chaque fois, que le « Minus » de « Terminus » !

À un moment, on quitte le village Emmaüs pour la Roumanie d'abord, puis la Bulgarie… Pourquoi ce voyage ?

GK : La Roumanie, cela fait partie de ces idées improbables auxquelles Benoît et moi tenons parfois. La première fois que nous sommes allés en festival, c'était pour notre premier film, Aaltra, et c'était en Roumanie, à Cluj. Une expérience incroyable. Nous avions obtenu le prix du jury en menaçant la foule … Nous étions tombés amoureux de ce pays, et nous étions promis d'y retourner. D'où ce petit détour – 200 kilomètres et un jour de tournage – qui n'a aucun sens.

En Bulgarie, Jacques emmène le groupe visiter un étrange monument à la gloire du communisme…

GK : Je l'ai découvert sur Internet. Il en existe de nombreux dans ce genre. Celui-ci, situé en haut d'une montagne au milieu d'un paysage désertique, est ahurissant. Georges Marchais en

personne l'a inauguré au début des années 1980. Les images de l'inauguration sont sur Internet, c'est incroyable, tout ce faste… Aujourd'hui le monument est devenu un lieu de pèlerinage punk… Comme nous n'avions pas l'autorisation d'y tourner, seuls le chef opérateur et un assistant s'y sont glissés, et des sons ont ensuite été ajoutés sur les images.

Ce voyage est l'occasion pour vous de préciser le propos d'I Feel Good, qui a trait à la place de l'utopie aujourd'hui.

GK : C'est une question qui traverse tous nos films, pour trouver ici une formulation plus directe… Dans Louise-Michel, on voit un lieu dans l'esprit de celui-ci : le Familistère de Guise, dans le Nord, ouvert en 1868 par l'industriel Jean-Baptiste André Godin.

BD : Comme Godin était fouriériste, il avait construit ce palais où tous les logements avaient le même confort, où la cour était couverte pour que les enfants puissent jouer même sous la pluie. L'utopie a fonctionné pendant un siècle avant que le lieu ne devienne invivable pour cause de jalousies, de dénonciations… Quand on le voit aujourd'hui, il ressemble un peu à une prison. J'en parle parce que son échec, et celui du communisme, était inscrit dans son architecture. Alors que Lescar-Pau, lui, possède une gaieté, une architecture qui intègre la différence… Ça change tout.

C'est là qu'I Feel Good est un vrai film politique. Nous montrons combien l'individualisme forcené, la volonté de devenir riche pour devenir riche, sans penser aux conséquences, est une maladie. Aujourd'hui, plus d'un an après l'élection de Macron, on le voit très bien. Et on voit aussi que face au discours archi-cohérent de Macron, non seulement les discours adverses manquent de cohérence mais les vieilles idéologies communistes et collectivistes ne tiennent plus.

Ce que le film essaie de dire, c'est qu'il y a peut-être une voie possible à travers ces petits groupuscules humains qui s'aiment et se respectent. La notion de groupuscule nous importe depuis longtemps. De toute façon c'est clair : sans décroissance on va dans le mur. On y est condamné, alors autant le faire bien. Et ces groupuscules nous semblent un bon moyen.

Une dernière question : comment avez-vous obtenu l'image, les couleurs d'I Feel Good ?

BD : Nous voulions du contraste. Nous étions à la recherche d'une image différente, pas trop précise, pas une de ces images hyper-pixellisées qui enlèvent le mystère. Après plusieurs essais caméra, nous nous sommes arrêtés sur la Sony F3 avec objectif Canon, utilisée dans Le Film de l'été que j'ai évoqué. C'est comme ça que nous avons pu obtenir cet effet pastel qui peut rappeler les films de vacances ou les panoramas de notre enfance.

Entretien avec Jean Dujardin

Que connaissiez-vous de Benoît Delépine et de Gustave Kervern avant de travailler avec eux ?

Je connaissais Groland, bien sûr, et j'avais vu quelques-uns de leurs films, dont Mammuth et Le Grand Soir. C'est d'ailleurs à l'occasion de la présentation à Cannes du Grand Soir, en 2012, que je les ai rencontrés. Dès ce moment nous nous étions promis de travailler un jour ensemble…

Sur le tournage d'I Feel Good, j'ai retrouvé ce que j'apprécie chez eux depuis longtemps : une liberté de ton, subversive et poétique, qui s'exprime à l'intérieur d'un cadre fermement défini. Le cinéma de Benoît et de Gustave possède le sens de l'artisanat. C'est, je crois, une qualité devenue rare aujourd'hui.

Au centre d'I Feel Good il y a ce village Emmaüs situé non loin de Pau…

La découverte du village a été merveilleuse. L'endroit lui-même, mais aussi et surtout les compagnons qui y vivent, et la personne grâce à qui ce lieu existe : Germain. La situation aurait pu ne pas être simple et pourtant elle l'a tout de suite été : le tournage s'est fait de façon très chaleureuse et en grande proximité avec les gens qui vivent là.

Pendant un week-end un peu avant le tournage, j'ai pu découvrir le village, Pau, les alentours… Sans ce lieu il n'y aurait peut-être pas de film. Celui-ci, du moins, aurait été différent. Une partie importante de l'inspiration de Benoît et de Gustave vient du village : un entrepôt, une maison renversée, un wagon, tout cela donne des idées…

En quoi leur méthode vous a-t-elle paru particulière ? C'est la première fois que vous travaillez avec un duo de cinéastes…

J'ai admiré l'écoute et le respect qui existent entre eux. Ils se tiennent tous les deux derrière l'écran de contrôle. D'une certaine manière ils travaillent plus à l'oreille qu'à l'image, en tout cas quand ils ont trouvé le cadre. Ils s’écoutent et se regardent, pour être sûrs d'avoir obtenu ce qu'ils cherchent.

Ils sont complémentaires. Benoît peut avoir des fulgurances, décider soudain de changer une scène parce qu'il a trouvé quelque chose qui lui paraît plus drôle et qui, souvent, l'est ! Gus, lui, est plus dans l'humain, les personnages : c'est dans les coins que ses interventions sont décisives.

Benoît et Gustave, c'est connu, ne font pas de champ contrechamp. Le texte, lui, est très écrit, et il peut être assez fourni. Dans le même temps, une idée ne cesse d'en chasser une autre. Il faut donc être très disponible, savoir s'adapter en permanence. Il le faut toujours au cinéma, mais encore plus avec eux ! Ce qui est à la fois stimulant et éreintant. Pendant les quinze derniers jours du tournage, je ne dormais plus : mon cerveau était en ébullition constante, à cause de ce mélange spécial d'écriture et d'improvisation.

Dans I Feel Good vous apparaissez un peu vieilli, abîmé, différent de l'image qu'on a de vous…

C'est vrai. Et cela ne me gêne pas du tout. Au contraire. Je n'ai de toute façon aucun problème avec mon image. J'ai l'impression de la flinguer à chaque fois… J'ai besoin de ressembler au personnage, pas de me ressembler. C'est très volontiers que je me suis malmené, que je me tiens mal, me coiffe mal… J'ai pris du poids, je me suis voûté. I Feel Good est un film sur des cabossés et Jacques en fait partie, même s'il se pense très différent. Et puis il me semblait d'autant plus important de bousculer la confiance de Jacques, d'y introduire de la fragilité…

Jacques tranche-t-il selon vous avec les personnages que vous avez l'habitude d’interpréter ?

L'expérience de ce film a été particulière en raison du mélange de précision pointue et de liberté, mais le personnage, lui, ne tranche pas tant que ça avec mes habitudes. J'ai souvent joué les imbéciles lunaires qui ont l'obsession de réussir, parlent trop vite, ne réfléchissent pas et se prennent les pieds dans le tapis, tout en tenant des propos un peu transgressifs dont ils n'ont pas toujours conscience… De Brice de Nice à OSS117 et de OSS117 à Jacques, il y a un cousinage. Je me suis senti très vite à la maison. Jean-François Halin, qui a coécrit OSS, a travaillé avec Benoît aux Guignols de Canal +, et j'ai retrouvé des choses communes à l'un et à l'autre. Je garde aujourd'hui avec moi des phrases de Jacques, comme j'en garde certaines d'OSS…

Comment s'est passée la collaboration avec Yolande Moreau qui joue votre soeur, Monique ?

Je ne connaissais pas Yolande, ou à peine, même si elle tenait un rôle dans le premier film où j'ai joué, Bienvenue les rozes. Mais nous n'avions pas de scène ensemble… Yolande prend plaisir à tourner mais elle aime aussi, ensuite, retourner à sa vie. Elle se protège beaucoup de ce point de vue. Je crois que notre rencontre s'est notamment faite à cet endroit. Nous partageons tous les deux une forme de pudeur qui a facilité notre collaboration. L'un comme l'autre nous savions que le plus important, c'était le film et son aventure collective.

Comment résumeriez-vous le propos politique, humaniste d'I Feel Good ?

I Feel Good est un film qui dépasse la comédie : je le vois comme une « dramédie » au sein de laquelle la forme et le fond ne cessent de résonner. Et c'est justement ce qui m'intéresse, le double fond, quelque chose qui porte au-delà des bons mots…

Pour résumer ce propos, je ne parlerais pas de l'opposition entre les deux mondes, l'ancien et le nouveau, ce serait trop caricatural… Je crois que Benoît et Gustave ont simplement voulu mettre en forme ce qui se dégage du village Emmaüs. I Feel Good est très fidèle à l'esprit du lieu. Celui-ci y apparaît comme une loupe, ou comme un rappel qui vaut pour le monde où nous vivons. Il faut bien voir qu'I Feel Good n'invente rien ! Benoît et Gustave se contentent de balancer un chien fou dans un univers qui existe, qui fonctionne très bien et qui est un modèle de vie, d'entente, de société auto-gérée… C'est quand même une chose assez admirable par les temps qui courent !

Entretien avec Yolande Moreau

Que saviez-vous des centres Emmaüs avant de tourner I Feel Good ?

Un certain nombre d'objets et de meubles qui se trouvent chez moi viennent de là… Il y a un beau centre pas loin de l'endroit où je vis. J'aime bien le recyclage. Je connaissais donc déjà Emmaüs d'assez près. Mais je n'avais jamais vu de centre aussi grand que celui du film. Germain, qui l'a créé, a une philosophie et un tempérament, un charisme que j'admire. J'ai été marquée par notre rencontre, mais aussi par celle de sa femme et de ses filles. Germain est guidé par une utopie qu'il a su rendre possible. Il n'est donc pas si utopiste que ça ! Et le film le montre très bien.

Votre personnage, Monique, fait le lien entre deux utopies, celle du village et celle du communisme, en laquelle croyaient ses parents, et dont la mémoire ressurgit à l'occasion du voyage en Bulgarie…

Oui. Peut-être l'utopie des parents de Monique n'a-t-elle fait que se transformer pour donner lieu à celle qui est appliquée dans le village… Je ne sais pas. Ce n'est sans doute pas aussi simple que cela. Il y a bien sûr des déçus du communisme, ils sont nombreux, mais une forme possible d'utopie persiste malgré tout, des associations, des regroupements : quoi qu'il arrive, on continue de croire aux gens.

À ce propos, comment avez-vous travaillé avec le « groupuscule », comme l'appellent Benoît Delépine et Gustave Kervern, qui fait le voyage en Bulgarie ?

C'est un groupe constitué de personnalités très différentes les unes des autres, mais qui n'en possède pas moins une unité. On y trouve aussi bien un acteur connu comme Lou Castel que Jean-François, qui n'est pas acteur mais qui s'est occupé longtemps des repas sur les tournages de Benoît et de Gustave, et que je connaissais donc déjà. On pourrait parler de gueules cassées, mais je n'aime pas cette expression. Faut-il dire que ce sont des gens de tous les jours, comme les Deschiens l'étaient déjà ? C'est à peine mieux… En tout cas j'ai pris grand plaisir à les découvrir et à travailler avec eux.

Et avec Jean Dujardin, comment s'est passée votre collaboration ?

De très belle façon. Je n'avais jamais travaillé avec lui. Jean m'amuse. On ne s'attend pas forcément à le retrouver dans un rôle comme celui de Jacques, et ce « contre-emploi » me plaît beaucoup. Jean est un bosseur qui fait son travail comme un artisan. J'aime ça. Ce n'est pas une grande gueule. Il est gentil avec tout le monde. C'est un bon compagnon de travail. Que demande le peuple ?

C'est la troisième fois que vous travaillez avec Benoît Delépine et Gustave Kervern, après Louise-Michel et Mammuth

Oui, et cette fois j'interprète un personnage bipolaire. Monique est très attachée à son frère et en même temps elle lui en veut de mener la vie qu'il mène. Je trouve cela parfaitement logique et je le comprends très bien. D'un autre côté, j'étais un peu inquiète à l'idée de devoir passer en un instant du rire aux larmes. J'aime qu'on s'attache aux personnages que j'interprète. Il fallait donc éviter de décrédibiliser Monique, faire en sorte qu'elle ne se limite pas à délivrer un discours ou une pensée… J'ai beaucoup réfléchi et travaillé à tout cela avant le tournage. Si les mots sont importants dans un rôle, ils peuvent aussi me faire un peu peur. Je me suis efforcée, comme

toujours d'ailleurs, de penser à ce qu'il y a en-dessous des mots de Monique, afin que tout ce qu'elle dit soit intégré à son personnage.

Louise-Michel date de 2008 : en dix ans, comment le cinéma de Benoît Délepine et de Gustave Kervern a-t-il évolué, selon vous ?

Certaines choses que j'aime chez eux et dont je me sens proche depuis longtemps n'ont pas bougé : ils restent subversifs, ils continuent de traiter de sujets graves avec légèreté, sans avoir l'air d'y toucher. Ici ils parlent d'utopie – d'utopie possible ! –, mais aussi de la société actuelle obsédée par l'apparence, le pouvoir et l'argent. I Feel Good pourrait être un film plein de bons sentiments, or ce n'est pas le cas, notamment à cause de leurs trouvailles, de leur façon de réaliser… Je pense à cette assiette où deux personnes sont dessinées et que la soupe vient recouvrir à deux reprises. Ou encore aux moments où ils me filment de dos, ce qui est assez culotté, dans le bon sens du mot. Si on veut parler d'évolution, Benoît et Gustave sont sans doute plus confiants aujourd'hui qu'il y a dix ans, mais dans l'ensemble ils restent très audacieux et assez cinglés.

Germain Sarhy

« J'ai créé le village en 1982. Son évolution a réellement commencé lorsque nous avons déménagé de Mirepeix pour Lescar. Nous avons alors développé des rencontres dans le cadre de conférences, débats, concerts, festivals… Si Benoît et Gustave ont entendu parler du village, c'est d'ailleurs parce que Jules-Edouard Moustik est venu y faire le DJ à l'occasion d'un de nos festivals.

Des milliers de gens sont passés par le village, des gens en difficulté matérielle et morale ayant envie d'autre chose que du système consumériste et productiviste actuel. Le village développe une dynamique alternative au sein de laquelle on trouve aussi bien l'accueil, la récupération que quantité d'ateliers qui concernent la menuiserie, l'électroménager… Nous avons développé la recyclerie et la déchetterie, mais aussi une épicerie qui vend des produits de petits producteurs et défend une autre alimentation, une cuisine préparée avec des produits de notre ferme ou achetés à des paysans du coin, une boulangerie où le pain est fait à partir de la farine de blé des champs alentour… Nous apportons également une attention particulière au bien-être de l'habitat, en privilégiant des matériaux comme le bois, la paille, la ouate de cellulose… Et nous faisons une place toute spéciale à la culture.

Je préfère parler de village plutôt que de centre. Un centre est une institution qui se contente de gérer le misérabilisme à l'ombre du système libéral. Or, notre village propose un ensemble d'innovations qui prennent en compte l'humain et son environnement. Il offre des alternatives concrètes de réinsertion. Il arrive de plus en plus que des gens s'enferment dans l'inutilité sociale et culturelle, se détruisent par la malbouffe, n'aient plus aucun accès au savoir, deviennent en somme des handicapés sociaux. C'est très grave. Le village lutte directement contre cela.

Nous ne sommes pas une association caritative qui soigne la dégradation sociale et politique. La communauté du village est notre outil, et cet outil n'appartient pas à un conseil d'administration mais au collectif : chacun peut être acteur et moteur de son évolution, peut se l'approprier afin de le faire grandir, pour son intérêt personnel mais dans une dynamique qui demeure toujours collective. Il faut l'affirmer haut et fort : tant que le peuple ne sera pas propriétaire des outils, le système capitaliste de gestion verticale n'aura aucun souci à se faire.

Dans cette même perspective nous avons toujours été favorables à l'ouverture et à la prise de risques. Quand Benoît et Gustave m'ont fait part de leur envie de tourner un film dans le village, j'ai dit oui tout de suite. J'ai aimé l'idée que le village puisse devenir un outil pour un film. Ils ont été merveilleux. Leur premier contact avec Emmaüs a été d'une grande modestie et d'une grande simplicité, d'un grand respect mutuel aussi.

Je retrouve dans I Feel Good la force humaine et sociale du village, exprimée avec intelligence et humour. Benoît et Gustave ont parfaitement su exprimer notre combat et celui de l'abbé Pierre. Benoît parle du film comme de la rencontre entre deux communautés, la leur et la nôtre : je suis absolument d'accord avec cela. Nous n'oublierons jamais ce qu'a été pour nous l'aventure d'I Feel Good. Nous en parlons très souvent entre nous et nous continuerons encore longtemps d'en parler. Ce film nous a permis de nous reconnaître et de grandir. Il rend les compagnons immensément fiers. Si Benoît et Gustave veulent faire une suite, je signe ! »

BENOIT DELEPINE

Après des études de journalisme, Benoît Delépine intègre Canal + à la fin des années 80. Sur la nouvelle chaîne cryptée, il est l'un des auteurs-fondateurs des Guignols de l’Info pendant 8 ans, puis devient l'une des figures marquantes du journal télévisé satirique Groland, où il crée notamment le personnage du journaliste Michael Kael. Après avoir écrit plusieurs albums de bande-dessinée, Benoit Delépine se lance dans le cinéma en 1998, en écrivant et jouant le court métrage A l’arraché , puis le long-métrage Michael Kael contre la World News Company, dans lequel il reprenait son rôle popularisé sur petit écran.

2018 : I FEEL GOOD co-réalisé avec Gustave KERVERN

2016 SAINT AMOUR co-réalisé avec Gustave KERVERN

2014 NEAR DEATH EXPERIENCE co-réalisé avec Gustave KERVERN

2012 ENFIN LA FIN (court-métrage)

LE GRAND SOIR co-réalisé avec Gustave KERVERN

2011 COMME UN CHIEN (court-métrage)

2010 MAMMUTH co-réalisé avec Gustave KERVERN

2008 LOUISE-MICHEL co-réalisé avec Gustave KERVERN

2006 AVIDA co-réalisé avec Gustave KERVERN

2004 AALTRA co-réalisé avec Gustave KERVERN

1998 MICHAEL KAEL CONTRE LA WORLD NEWS COMPANY (acteur, scénariste et réalisateur)

1996 À L’ARRACHÉ (court-métrage) de Christophe SMITH (acteur, scénariste et réalisateur)

1992 - 2018 GROLAND (auteur, acteur)

1990 - 1996 LES GUIGNOLS DE L’INFO (auteur)

GUSTAVE KERVERN

Gustave Kervern travaille sur plusieurs émissions de télévision dont Avis de recherche et Surprise sur Prise avant de collaborer avec Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h sur le Top 50 et Le plein de Super. Il fait la rencontre de Benoît Delépine en 1999 avec qui il se lance dans l’aventure Grolandsat sur Canal +. En 2010, il co-réalise Ya Basta ! avec Sébastien Rost. Parallèlement à sa carrière de scénariste/réalisateur, Gustave Kervern joue dans ses propres films co-réalisés avec Benoit Delépine : Aaltra, Avida, Louise Michel, Mammuth, Near Death Experience et Saint Amour. Il tourne également pour des réalisateurs variés tels que Pierre Salvadori, Samuel Benchetrit, Pascal Chaumeil, Emmanuelle Bercot et plus récemment Yann Le Quellec et Marie-Castille Mention-Schaar. On le verra prochainement dans le premier long métrage de Joséphine de Meaux.

2018 I FEEL GOOD co-réalisé avec Gustave KERVERN

2018 LA FÊTE DES MERES de Marie-Castille MENTION-SCHAAR (acteur)

2018 CORNELIUS LE MEUNIER HURLANT de Yann LE QUELLEC (acteur)

2016 SAINT AMOUR co-réalisé avec Benoît DELÉPINE

2016 CIGARETTES ET CHOCOLAT CHAUD de Sophie REINE (acteur)

2015 ASPHALTE de Samuel BENCHETRIT (acteur)

2014 DANS LA COUR de Pierre SALVADORI (acteur)

NEAR DEATH EXPERIENCE co-réalisé avec Benoît DELÉPINE

2012 LE GRAND SOIR co-réalisé avec Benoît DELÉPINE

2010 MAMMUTH co-réalisé avec Benoît DELÉPINE

YA BASTA ! co-réalisé avec Sébastien ROST (auteur, acteur)

2008 LOUISE-MICHEL co-réalisé avec Benoît DELÉPINE

2006 AVIDA co-réalisé avec Benoît DELÉPINE

ENFERMÉS DEHORS d’Albert DUPONTEL (acteur)

2004 AALTRA co-réalisé avec Benoît DELÉPINE

2000 - 2018 GROLAND (auteur, acteur)

1996 DELPHINE 1 - YVAN 0 de Dominique FARRUGIA (acteur)

1994 - 1995 LE PLEIN DE SUPER (auteur, acteur)

JEAN DUJARDIN

Jean Dujardin entame sa carrière au début des années 1990, en faisant du stand-up au sein de sa troupe, Nous C Nous, avec qui il fera aussi de la télévision. En 2005, Jean Dujardin interprète le rôle de Brice de Nice dans le film éponyme, réalisé par James Huth qui devient le plus gros succès du cinéma français de l’année. En 2006, il s’impose avec brio dans le rôle de Hubert Bonnisseur de la Bath, l’agent secret chauvin, macho, gaffeur, dépassé et pourtant irrésistible d’OSS 117 : Le Caire, Nid d’Espions de Michel Hazanavicius qu’il retrouve également dans OSS 117 : Rio ne répond plus.

C’est en mai 2011 qu’il a connu la consécration internationale, en remportant le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes, remis par Robert De Niro, pour son portrait de George Valentin dans The Artist, avec Bérénice Bejo et John Goodman, un hommage au Hollywood de l’époque du cinéma muet. Il est ensuite couronné par un Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie ou une comédie musicale, puis par l’Oscar du meilleur acteur – le film obtient en tout cinq statuettes, dont celle du meilleur film. Accompagné de Gilles Lellouche, Jean Dujardin se lance dans la réalisation en 2012 avec un film à sketches sur, Les Infidèles, dont ils ont signé le court « Las Vegas ».

Jean Dujardin a également tourné sous la direction de Martin Scorsese pour son premier film américain, Le Loup de Wall Street. Il a depuis campé l’un des Monuments Men dans le film de George Clooney. Il ne délaisse pas pour autant l’hexagone puisqu’il était sur les écrans dans La French de Cédric Jimenez avec Gilles Lellouche. Il travaille ensuite sous la direction de Laurent Tirard pour Un Homme à la Hauteur et dernièrement Le Retour du Héros et retrouve son personnage de Brice 3 en 2015. Il travaille également avec Claude Lelouch dans Un + Une en 2015, réalisateur qu’il retrouve en 2017 pour Chacun sa vie.

YOLANDE MOREAU

Formée à l'école de théâtre Jacques Lecoq, Yolande Moreau commence par jouer des spectacles pour enfants puis écrira en 1982, Sale affaire, du sexe et du crime, un one-woman-show dans lequel elle interprète une femme qui vient de tuer son amant.

Agnès Varda, qui la remarque sur scène, lui offrira son premier rôle dans Sans toit ni loi en 1985.

En 1989, Yolande Moreau rejoint la troupe de Jérôme Deschamps et de Macha Makeieff, dont elle devient l'un des piliers. Des spectacles Lapin chasseur ou C’est magnifique au programme télé Les Deschiens, elle impose un personnage loufoque et poétique. Dès lors, elle est de plus en plus sollicitée par les réalisateurs qui lui confient le plus souvent des rôles comiques.

Vue en 1995 dans les films à succès Le Bonheur est dans le pré et Les Trois Frères, elle incarne aussi la concierge du Fabuleux destin d'Amélie Poulain. En 2004, Yolande Moreau passe derrière la caméra avec Quand la mer monte, co-réalisé avec Gilles Porte. Elle décroche le César et le Delluc de la Meilleure première oeuvre, ainsi que le César de la meilleure actrice. Elle retournera derrière la caméra en 2013 (seule cette fois) avec Henri, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. Elle tourne également pour Albert Dupontel, Catherine Breillat puis Martin Provost en 2008 pour Séraphine, rôle pour lequel elle décroche à nouveau le César de la Meilleure Actrice. Elle joue les ouvrières flingueuses dans le décapant Louise Michel de Delépine et Kervern, duo qu’elle retrouve pour Mammuth en 2010 aux côtés de Gérard Depardieu. Prenant part aux projets les plus variés, elle prête sa voix au film d'animation Mia et le migou et campe deux jumelles pour François Ozon dans le long métrage Dans la maison. On l’a plus récemment vue chez Chad Chenouga dans le film sorti sur les écrans français en mai 2017 : De toutes mes forces.

LES COMPAGNONS

Jo DAHAN

Jo Dahan est musicien, chanteur et acteur. Bassiste de la Mano Negra, guitariste des Wampas, nominé aux Césars en 2013 pour l’écriture de la BO de Camille redouble, co-compositeur de tous les titres de l’album Ginger de Gaëtan ROUSSEL, acteur au Groland. Jo Dahan fait également des spectacles de rue avec les compagnies Royal De Luxe, Cirkatomik, La Machine... et sort son 1er album chez Because en 2014.

Le 1er single « C’était mieux avant » entre en playlist sur OUI FM et France Inter. Il part sur les routes avec Richard KOLINKA à la batterie, Thomas DARNAL aux claviers, Sylvain CARTIGNY et Philippe ALMOSNINO aux guitares et Eléonore du BOIS JOUY aux choeurs.

Lou CASTEL

Né à Bogota en Colombie, d'un père suédois et d’une mère irlandaise, Lou Castel a joué dans plus de 80 films, de nationalités et genres variés.

Il débute dans l’Italie des années 60 avec Les Poings dans les Poches de Marco Bellocchio, et poursuit en alternant films de genre (le giallo Orgasmo d’Umberto Lenzi, le western El Chuncho de Damiano Damiani) et films d’auteur (Francesco d'Assisi de Liliana Cavani).

Au cours des années 70 et 80 il collabore avec de grands réalisateurs européens : Fassbinder (Prenez garde à la sainte putain), Chabrol (Nada), Wenders (L'Ami américain), Ruiz (L'Ile au trésor). Puis il enchaîne jusque dans les années 90 avec des réalisateurs prestigieux tels que Philippe Garrel, Olivier Assayas, Bertrand Bonello. Récemment, le documentaire A pugni chiusi (Pierpaolo De Sanctis) le célèbre et suscite l’intérêt d’une jeune génération de cinéastes italiens qui le sollicitent : Guarda in Alto (Fulvio Risuleo), Drive me home (Simone Catania), Always (Alessio Di Cosimo).

Jean-Benoît UGEUX

Après ses études au Conservatoire de Liège, Jean-Benoît Ugeux travaille au Victoria Theater (Gand) avec Wayn Traub et Lies Pauwels. Il y créera deux pièces avec Anne-Cécile Vandalem. En 2007, il fonde sa propre compagnie : APOPTOSE, maison de production de théâtre, cinéma, créations radiophoniques et plastiques. Pour le cinéma belge, il travaille avec des réalisateurs tels que Joachim Lafosse, Michael Roskam, Emmanuel Marre, François Pirot, Benoit Mariage… Il a également réalisé et monté un triptyque expérimental appelé Valeurs (Liberté/ Respect / Justice), produit un triptyque intitulé Avant-Terme, réalisé par cinq metteurs en scènes belges et dans lequel il joue le rôle principal. Récemment il a réalisé Eastpak et est en postproduction de La musique.

Jean-François LANDON

Jean François Landon a intégré la troupe de Benoit Delépine et Gustave Kervern depuis très longtemps. Officiant tout d'abord en tant que cuisiner pour les équipes de tournage, il est peu à peu passé de l'autre côté de la caméra pour être dirigé par le duo en tant qu'acteur.

Jana BITTNEROVA

Jana Bittnerova fait ses premiers pas sur les planches dès l’âge de dix ans dans sa ville natale de Zlaté Moravce. Elle obtient à 21 ans une maîtrise d’art dramatique à l’Académie d’Art Dramatique et de Musique de Bratislava, suite à quoi elle est engagée dans la troupe du Théâtre National Andrei Bagar de Nitra (en Slovaquie) et se produit dans de nombreuses villes telles que Prague, Bratislava, Budapest, Cracovie, Zakopane, Saint Petersbourg et Moscou, interprétant les rôles de Catherine de Heilbronn de H. von Kleist, Nicole dans Le Bourgeois gentilhomme, Sonetka dans Lady Macbeth de village de Leskov, etc. En 1990 elle fonde, avec un groupe d’artistes, le Teatro Tatro, où elle joue le double rôle de la Mère dans Sir Halewyn de Michel Ghelderode. Elle fait une tournée de 150 représentations avec Salomée de Jana Juranova en Tchécoslovaquie.

C’est en 1992 que Jana décide de partir pour Paris où elle se perfectionne auprès de Stuart Seide et Mario Gonzales au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. Elle rencontre Philippe Adrien, sous la direction duquel elle se produit dans Ivanov d’Anton Tchekhov et Rêves de J.L. Bauer, et joue dans de prestigieux théâtres de Paris, notamment au Châtelet (sous la direction de Fanny Ardant pour Passion et pour Yannis Kokos dans The Bassarides), au Théâtre de Chaillot (avec J.C. Galotta dans 99 duos) et à l’Opéra National de Paris où elle interprète entre autres Manuelita dans Carmen sous la direction d'Yves Beaunesne, et collabore avec Robert Wilson, Zabou Breitman, Guillame Gallienne André Engel, Robert Johnson en tant que comédienne-mime . Elle apparaît aussi dans des téléfilms et au cinéma, où elle travaille sous la direction de Luc Besson, J. P Salomé, Nina Companeez, Yann Gozlan, J.P. Mocky, Mario Andreacchio, François Ozon, Peter Kassovitz, Gérard Verger, Noémie Lvovsky, Cécile Telerman, Michel Gondry ou encore Jacques Audiard.

Elle joue Olga dans Le cri du homard de Nicolas Guiot, qui obtient le César 2013 du court-métrage. On a pu la voir dernièrement au théâtre dans le rôle d’Aglaé dans Misterioso 119 de Koffi Kwahulé, et sur grand écran aux côtés de Juliette Binoche dans Telle mère, telle fille, dans La Mélodie de Rachid Hamie ou La colle d’Alexandre Castagnetti.

Elsa FOUCAUD

Elsa Foucaud est une artiste polymorphe en discussion permanente avec la vie.

Dite clowne depuis l'enfance (qu'elle a passée en partie au Gabon) et bouffonne depuis qu'elle est grande d'âge, elle se cultive à l'école Jacques Lecoq et dans différents stages (Cédric Paga -Ludor Citrik, Guillaume Bailliart, Paola Rizza, Jos Houben, Yoshi Oida, Jackie Star, Gilles Defacques) ainsi qu'en autodidacte, au fil des rencontres. Son grand goût pour la surprise et l'improvisation l’amènent à jouer seule et avec des compagnies, que ce soit pour le théâtre de rue (dans son solo "Foucade", ou avec la Cie Les Armoires pleines, Cie Les Emplumées, Cie Le Thyase), de salle (Cie Dromesko, Le Groupe Fantomas, Cie La boîte à outils, Cie Ginko, Cie Procédé Zèbre), de chapiteau (moult performances, cabarets) ou le cinéma (Le petit chaos d'Ana de Vincent Thépaut, Le sens des choses de Frédéric Radepont).

Nomade du corps et de coeur, elle pratique quotidiennement le chant et la danse sous toutes leurs formes. En sus, elle est modèle vivante et nue depuis 10 ans pour dessinateurs ou sculpteurs. Depuis 9 ans, elle est bénévole active (régie, co-gestion d'espaces de répétitions) du collectif Curry Vavart, qui gère 2 espaces artistiques à Paris (Le Shakirail, La Villa Belleville).

Marius BERTRAM

Marius est un ami de longue date de Gustave Kervern. Il prend rapidement place au générique des films du duo formé avec Benoit Delépine. On a pu notamment le voir dans Le Grand soir en 2012 ou face à Michel Houellebecq dans Near Death experience en 2014.

LISTE ARTISTIQUE

Jacques: Jean DUJARDIN

Monique: Yolande MOREAU

Manu (le menuisier): Jo DAHAN

Grégory (le costaud): Lou CASTEL

Vincent (le libraire): Jean-Benoît UGEUX

Jean-François (le cuisinier): Jean-François LANDON

Béatrice (la starlette): Jana BITTNEROVA

Corinne (la timide): Elsa FOUCAUD

Mario (l’italien): Marius BERTRAM

LISTE TECHNIQUE

Réalisateurs : Benoît DELEPINE et Gustave KERVERN

Scénario : Benoît DELEPINE et Gustave KERVERN

1er Assistant Réalisateur : Gérard BONNET

Scripte : Cécile RODOLAKIS

Directeur de la Photographie : Hugues POULAIN

Photographes de plateau : Patrice TERRAZ et Kliment YANEV

Chef Opérateur du Son : Guillaume LE BRAZ

Chef costumière : Agnès NODEN

Chef maquilleuse : Elsa GENDRE

Chef décorateur : MADPHIL

Régisseur général : Jean-Baptiste FAUCHARD

Chef monteur : Stéphane ELMADJIAN

Producteurs : Marc DUJARDIN – JD PROD, Benoit DELEPINE et Gustave KERVERN – No Money Productions

Office manager JD PROD : Belinda SALBRIS

Directeur de la Production : Philippe GODEFROY

Directeur de post-production : Jean DELDUC

Administratrice de Production : Marie-Christine FEVRIER

Assistantes de Production : Virginie BERRACHI et Axelle RIVIERE

 

 

 

 

 

 

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